Pourquoi adapter son éclairage intérieur au rythme de la journée ?
Adapter son éclairage intérieur au rythme de la journée
C’est tout le principe de ce que l’on appelle, chez Navoti, l’hygiène lumineuse : profiter suffisamment de la lumière naturelle en journée, puis réduire progressivement l’intensité et modifier la couleur de nos éclairages à l’approche du soir pour respecter davantage notre rythme circadien.
À Navoti, notre espace de travail commun est baigné par une belle lumière.
Les portes-fenêtres nous permettent de contempler le beau jardin, invitent subtilement la nature dans nos échanges tout en permettant à des vagues de lumière de nous toucher.
Suivant les saisons et le moment de la journée, elle affecte nos perceptions, et jusqu'à la couleur de notre environnement.
Vous l'avez sans doute aussi remarqué, la lumière naturelle n’est jamais la même du matin au soir. Son intensité change, ses couleurs évoluent et notre corps s’appuie sur ces variations pour se repérer dans le temps.
À la maison, pourtant, nous faisons souvent tout l’inverse.
Dans la plupart des chaumières de nos contrées, le même plafonnier blanc éclaire le petit déjeuner et la dernière demi-heure avant de dormir.
Avec l’automne et l’hiver, le phénomène s’accentue. Le soleil se couche plus tôt et nous passons davantage de temps sous nos éclairages artificiels.
L’enjeu est donc de redonner du rythme à la lumière dans nos intérieurs, plutôt que d’éclairer de la même manière du matin au soir.
Alors, quelle lumière privilégier le matin, dans la journée et le soir ? Et comment adapter concrètement l’éclairage des différentes pièces de la maison ?
Quand la nature fait défiler quatre saisons en une journée
Une façon très simple de se représenter les variations naturelles de la lumière consiste à imaginer qu’une journée traverse quatre saisons.
Le matin est un printemps.
La lumière arrive basse, chargée de rouge, puis monte peu à peu.
Le plein jour est un été.
Le bleu du ciel domine et la lumière atteint sa pleine intensité.
La fin d’après-midi est un automne.
La lumière se réchauffe à nouveau et les ombres s’allongent.
La nuit est un hiver.
La lumière se retire.
Notre corps lit cette succession pour savoir quelle heure il est et régler son horloge, du réveil jusqu’à l’endormissement.
Dans nos maisons, nous pouvons essayer de retrouver ce mouvement.
Du blanc pendant le printemps et l’été du jour, tant que le soleil est levé.
De l’ambré à l’automne du soir, dans les pièces où vous vivez.
Du rouge pendant l’hiver de la nuit, dans la chambre ou pour vos déplacements nocturnes.
Il ne s’agit donc pas de décréter qu’une couleur de lumière est toujours « bonne » ou toujours « mauvaise ».
C’est aussi le moment auquel nous y sommes exposés qui compte.
Faites maintenant le tour de votre maison.
Et demandez-vous, pièce par pièce : à quelle saison du jour appartient-elle ?
Comment adapter son éclairage selon le moment de la journée ?
La fenêtre du matin : le printemps
Au réveil, ouvrez les volets et les rideaux avant de chercher l’interrupteur.
Il est recommandé de s’exposer à la lumière du jour pendant 5 à 10 minutes dans la première demi-heure après le lever, l’idéal étant de sortir à l’extérieur.
Si vous avez un jardin ou un balcon, profitez-en quelques instants : vous prenez ainsi un véritable bain de lumière naturelle.
Quelle est la première lumière que vos yeux rencontrent le matin : celle du ciel ou celle d’un écran ?
Le bureau : l’été
C’est la pièce où le blanc a toute sa place, tant que le soleil brille.
Rapprochez votre table de la fenêtre et, si nécessaire, complétez l’éclairage par une lampe dont la lumière blanche garde un spectre riche.
Une lampe proposant plusieurs modes peut rendre un double service : blanche pour travailler, puis ambrée ou rouge lorsque la journée se termine.
Si vous travaillez sous des néons ou des dalles LED, profitez de chaque pause pour sortir.
Même sous un ciel gris, la lumière extérieure est bien plus intense que celle de votre bureau.
La cuisine : deux saisons
La cuisine sert le jour comme le soir et s’éclaire souvent avec les mêmes spots à toute heure.
Pour autant, inutile de tout remplacer.
Vous pouvez par exemple installer deux spots ambrés et conserver deux spots classiques : les classiques pour préparer le repas en journée, les ambrés seuls pour le soir.
La même pièce peut ainsi changer de saison avec vous.
La pièce de vie : l’automne
Le plafonnier est souvent la lumière la plus forte et la plus blanche de la maison.
En journée, gardez-le : il fait son travail.
Le soir, changez d’ambiance.
Éteignez-le et préférez des lampes plus basses équipées d’ampoules ambrées. Elles donnent à la pièce cette lumière de fin de journée que votre corps attend.
Si vous préférez ne pas multiplier les lampes, une ampoule circadienne permet de réunir plusieurs ambiances : blanche le jour, ambrée le soir, rouge la nuit.
Un soir, faites l’expérience.
Passez d’une pièce encore éclairée en blanc à une pièce déjà ambrée et arrêtez-vous quelques secondes sur le seuil.
Que ressentez-vous en franchissant cette frontière de lumière ?
Le couloir et la salle de bain : l’hiver
Vous vous levez la nuit ?
Un plafonnier blanc ou la torche du téléphone crée brutalement une lumière qui n’a plus grand-chose de nocturne.
Préférez une veilleuse à lumière ambrée ou rouge sur votre trajet. Avec un détecteur de mouvement, elle peut s’allumer à votre passage puis s’éteindre seule.
Vous créez ainsi un chemin de lumière basse et de faible intensité pour circuler dans la maison sans retrouver, en pleine nuit, l’éclairage du jour.
La chambre : le cœur de l’hiver
Dans la chambre, la lumière doit pouvoir devenir très douce.
Une lumière rouge sur la lampe de chevet permet de conserver une ambiance nocturne.
Vous aimez lire au lit ?
Une petite lampe de lecture à pince, en lumière ambrée ou rouge, permet d’éclairer la page sans illuminer toute la pièce — et sans gêner la personne qui dort à côté.
Faites de votre chambre une maison-nid, où la lumière elle-même vous dit qu’il est temps de vous reposer.
Observer la lumière ne date pas d'aujourd'hui
Adapter notre éclairage au rythme de la journée peut sembler être une préoccupation très contemporaine. Pourtant, observer la manière dont la lumière change, transforme les couleurs et modifie notre perception du monde ne date pas d'hier.
En 1777, lors d'un voyage hivernal dans le massif du Harz, en Allemagne, Johann Wolfgang von Goethe descend du Brocken alors que le soleil commence à décliner.
Tout autour de lui est recouvert de neige et de givre.
Et Goethe regarde.
Il remarque que, dans la journée, les ombres projetées sur la neige légèrement jaunie prennent une teinte violette. Puis, à mesure que le soleil descend, elles deviennent d'un bleu beaucoup plus profond.
Lorsque le soleil approche enfin de l'horizon, le paysage change encore.
La lumière se fait pourpre. Les ombres, elles, deviennent vertes.
Goethe les comparera à un vert de mer, puis à un vert émeraude. La scène devient si saisissante qu'il dira avoir eu l'impression de se trouver dans un monde féerique.
Puis le soleil disparaît.
Les couleurs s'effacent à leur tour, laissant place au gris du crépuscule, puis à la lumière de la lune et des étoiles.
Cette observation restera profondément liée à ses recherches sur la couleur et la lumière, qu'il développera bien plus tard dans sa Théorie des couleurs.
Et si nous recommencions simplement à regarder ?
Nous n'avons évidemment pas besoin de gravir une montagne enneigée pour faire la même expérience.
La lumière raconte aussi le temps qui passe dans nos maisons.
Avant d'acheter ou de changer quoi que ce soit, faites une expérience toute simple :
pendant une semaine, regardez réellement la lumière de votre maison.
Le matin, remarquez à quelle heure la lumière du dehors entre chez vous et dans quelle pièce elle arrive en premier.
En plein jour, regardez où la lumière naturelle est réellement présente et les endroits qui restent sombres malgré l'heure.
À la tombée du jour, observez le moment où vous ressentez le besoin d'allumer vos lampes — et lesquelles vous choisissez spontanément.
Vous pouvez même refaire l'expérience de Goethe : posez une feuille blanche près d'une fenêtre, allumez une lampe ambrée à côté et placez un crayon debout entre les deux sources de lumière. Prenez simplement le temps de regarder la couleur de son ombre.
Le soir, observez la couleur et l'intensité des lumières qui restent allumées autour de vous.
La nuit, si vous vous levez, regardez quel est votre premier geste : quel interrupteur, quel écran, quelle lumière ?
Ne cherchez pas immédiatement à conclure.
Observez simplement, pièce par pièce, heure par heure.
Au bout d'une semaine, votre maison vous aura peut-être montré elle-même où elle vit à contre-saison.
Goethe écrivait :
« Wär nicht das Auge sonnenhaft,
Die Sonne könnt es nie erblicken. »« Si l'œil n'avait pas en lui une part de soleil, il ne pourrait jamais voir le soleil. »
⚠️ Avant de changer une ampoule : vérifiez votre installation
Quelques points techniques sont à vérifier avant tout remplacement :
- Variateur ou interrupteur connecté : les ampoules SPV ne sont pas compatibles. Le variateur doit être réglé au maximum ou remplacé par un interrupteur simple.
- Anciens spots halogènes 12 V : vérifiez la présence d’un transformateur avant de passer à des LED 220 V.
- Spots multiples : inutile de tout remplacer. Vous pouvez associer spots classiques et ambrés pour adapter l’éclairage selon le moment de la journée.
- Ampoules fluocompactes : si vous en avez encore, notamment près d’un bureau ou d’un chevet, leur remplacement peut être prioritaire. Elles contiennent du mercure et doivent être déposées dans une filière de recyclage adaptée.
En cas de doute sur votre installation, vérifiez sa compatibilité avant tout changement d’ampoule.